Un nouveau report ne serait pas une bonne option

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Des voix s’élèvent, depuis quelques jours, pour émettre l’idée du report des élections locales prévues en janvier 2022. Alioune Tine, membre éminent de la Société civile, estime que ce serait une bonne solution en vue d’entamer un nouveau dialogue et éviter l’escalade avec le jusqu’au-boutiste des différents états-majors politiques.

 

Et du côté de l’opposition, Barthélémy Dias, par exemple, reste convaincu que le pouvoir est en train de manœuvrer juste dans le but de reporter ces élections. En somme, l’idée fait son bonhomme de chemin et de plus en plus, les acteurs se prononcent.

A ce propos, Moustapha Diakhaté, ancien Président du Groupe parlementaire de la majorité, soutient tout à fait le contraire et estime que ce serait un report de trop. Et nous sommes de cet avis. Depuis 2019, date à laquelle les locales devraient se tenir, on ne cesse de reporter ces élections en prorogeant les mandats des différents conseillers, Maires et présidents de Conseils départementaux. Du coup, ils sont là depuis sept ans, simplement parce que du fait du dialogue instauré, tous les acteurs politiques étaient convaincus que c’était la meilleure option.

Malheureusement, malgré quelques résultats obtenus, ce dialogue n’a pas permis de dissiper les malentendus entre acteurs politiques. C’est au contraire aujourd’hui que les suspicions sont plus importantes et le pays assis sur des braises ardentes. Avec les évènements d’avant-hier, tout le monde agit comme si tout ce qui compte, ce sont les résultats, c’est-à-dire gagner les élections.

Et pour cela, on ne rechigne pas à mettre le pays en danger. Du coup, nous ne pouvons plus prétexter un quelconque dialogue pour un énième report. Cela ne servira rien parce que les différents camps politiques sont engagés dans un bras de fer tel qu’ils n’ont même pas tenu compte des appels incessants des guides religieux.

Pis, un tel report aura le désavantage de bouleverser d’une façon considérable le calendrier électoral avec des conséquences importantes sur l’organisation et peut-être la transparence du vote. Il s’y ajoute le fait que nous devons, tous, avoir pour souci permanent de respecter le calendrier électoral ou tout simplement de le réformer en profondeur.

Cette tradition de report des locales témoigne du peu de respect que nous avons de ces élections. Or, les élus locaux font aujourd’hui partie des cadres sur lesquels les citoyens comptent beaucoup. Et même s’il y a beaucoup de réformes à faire pour améliorer l’acte III de la décentralisation, il n’en reste pas moins vrai qu’il y a beaucoup d’acquis à préserver. L’administration de proximité est devenue une réalité.

Il faudra alors lui accorder toute l’attention nécessaire. Malheureusement, le manque de considération envers la décentralisation est tel que tout le monde cherche à faire de ces élections des primaires pour la présidentielle c’est-à-dire un simple baromètre de mesure de popularité. Alors, tout le monde veut gagner vaille que vaille mais pour des raisons stratégiques liées à la présidentielle de 2024.

Alors, allons aux élections et que tout le monde essaie de respecter les règles du jeu, pouvoir comme opposition. Car, aujourd’hui, les manipulations viennent de tous les côtés. Et l’opinion en a déjà assez, déjà, de ces joutes alors que l’on n’en est même pas à la précampagne.

 

Par Assane Samb

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