DAME DIOP «BAOLISE» SON MINISTERE

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En cette veille de campagne électorale, la fin justifie les moyens pour se faire élire édile de sa collectivité territoriale. Et beaucoup de ceux qui sont au pouvoir et qui aspirent à devenir maires n’hésitent pas à utiliser leur position de pouvoir pour conquérir les suffrages des électeurs. Soit ils utilisent les ressources financières de l’Etat pour acheter les suffrages d’électeurs encore inconscients de la valeur de leurs voix puisque, aujourd’hui, l’ère de l’achat des consciences des conseillers municipaux pour devenir maire est révolue. Soit alors ils procèdent à des recrutements clientélistes.

Déjà, le recrutement des 5000 enseignants promis par le chef de l’Etat est biaisé parce qu’il sert d’hameçon pour capter l’électorat local. C’est ce qui fait que chaque ministre ou responsable apériste a son quota d’enseignants à recruter pour gagner les votes des différentes familles dont les rejetons pourraient goûter très prochainement aux délices d’un emploi salarié. Déjà le nom de Cheikh Oumar Hanne, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, est mêlé à un recrutement massif irrégulier de 79 enseignants dans sa petite localité de Ndioum. Quant à Dame Diop, ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion, il a transformé son ministère en un Baol en miniature. Tous les préposés aux postes de responsabilité dans ce département ministériel sont issus du Baol plus précisément de Diourbel, capitale de la région éponyme.

L’obsession de M. Dame Diop est de gagner la mairie de Diourbel. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, y compris une « baolisation » outrancière du ministère qu’il dirige. Le ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion est devenu pour Dame Diop un moyen pour son élection à la mairie de Diourbel au lieu de faire face à la question de la formation et de l’employabilité des jeunes. En effet, l’ancien patron de la société de transport public Dakar Dem Dikk est loin de s’inscrire dans un logique d’améliorer la situation de l’emploi des jeunes par la qualification professionnelle, l’insertion et de l’emploi que le Président de la République attend de lui surtout dans le contexte actuel des choses. Les nominations des personnes opérées à la tête des directions et services stratégiques au sein de son département ministériel, depuis qu’il est arrivé, obéissent plus à une logique politique, pour ne pas dire de terroir, qu’à une logique de résultats susceptibles d’être la réponse que les jeunes attendent de lui. Encore une fois, toutes les nominations qu’il a effectuées ont bénéficié à des fils de Ndiarème non pas parce qu’ils sont compétents en matière de formation professionnelle mais parce qu’ils ont soit un parti politique soit un mouvement dans cette ville notamment dans les quartiers traditionnels comme Thierno Kandji et Keur Cheikh. Une situation qui frustre davantage les experts du secteur de la formation professionnelle relégués au second plan dans la mise en œuvre des politiques publiques de formation, d’insertion et d’emploi des jeunes. Ce au profit de ressortissants de Diourbel.

Le président doit revoir sa copie

Au regard de ce qui s’y passe, il urge que le Président de la République revoie sa copie tant pour l’intérêt des jeunes désœuvrés que pour le portage des grands projets initiés tels que le PF2E, le Programme d’urgence pour l’insertion socioéconomique et l’emploi des jeunes, xëyu ndaw ñi, la construction de 45 centres de formation professionnelle dont l’ARMP avait bloqué d’ailleurs le marché de gré à gré à hauteur de 36 milliards en 2020. C’est également le recrutement tous azimuts de militants de Diourbel au sein des agences du ministère. C’est le cas à l’Office National de Formation Professionnel (ONFP) dont le Directeur général, sans appel à candidatures, ni commission de recrutement tel que recommandé dans les procédures de recrutement, surcharge cette institution de personnel dépourvu des compétences requises pour la mise en œuvre des missions qui lui sont assignées. Il en est de même pour les prises en charge qui deviennent de plus en plus inaccessibles aux citoyens s’ils ne sont pas de Diourbel. Cette prise en charge, un financement de la formation des jeunes dans les établissements de formations agréés par l’Etat, est devenue un fonds de commerce politique à la discrétion du Dg qui en fait l’usage qu’il veut contrairement à la procédure qui sied en la matière. Il faut en juger en inspectant la liste des directeurs des différents postes stratégique de ce ministère. Ils sont tous de Diourbel sans exception et sans compétences monnayables sauf peut-être le Dg de 3FPT dont le père a servi dans cette ville.

LISTE DES DIFFERENTS DIRECTEURS ISSUS DE DIOURBEL

Direction de l’Emploi : Modou Fall, chef de parti Deug Moo Woor, informaticien de formation, en remplacement de Demba Diop, Inspecteur du travail ;

Direction de l’Insertion : Abdourahmane Ly, célèbre dans le mouvement « navétane » de Diourbel ; on peut dire en tout cas qu’il a réussi son insertion !

Direction de l’Administration générale et de l’Equipement : Sokhna Amy Mbacké, nièce du député Moustapha Cissé Lo, Présidente du Réseau des Femmes du Baol pour le Développement (RFBD).

Projet de Formation Ecole Entreprise. (Pf2e) : Ousmane Diédhiou, ex-proviseur du lycée technique de Diourbel, par ailleurs ami de Dame Diop, nommé en remplacement de Michel Faye, un chevronné du secteur de la formation professionnelle. Pire, même le PCA du Pf2E serait de Diourbel

Direction des Examens Concours professionnels et Certifications : Mamadou Mbenda Fall, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, responsable politique à Diourbel

Office National de Formation Professionnelle : Dr Souleymane Soumaré, Pharmacien

Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT) : Mame Aby Sèye, diplômé d’un DESS en urbanisme aménagement

Inspection interne : Bouré Sène, responsable mouvement politique Diourbel

Au vu de tout ce qui précède, on ne peut que constater avec un pincement au cœur combien les efforts déployés par le président Macky Sall pour régler la question de l’emploi et de l’employabilité des jeunes sont complètement anéantis par l’appétit gargantuesque d’un Dame Diop qui ne rêve que d’être le premier magistrat de sa ville Diourbel. Le ministère de l’Emploi et la collectivité locale sont deux entités distinctes dont la première ne saurait être le marchepied pour atteindre le second. Aujourd’hui l’appartenance à la localité de Diourbel (et non la compétence) suffit comme critère pour être employé au ministère de… l’Emploi. Autrement dit, chez le ministre Dame Diop, c’est le Baol avant la Patrie !

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